Je sais maintenant que ce jour là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurbe et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et ne plus jamais être malheureux." Alessandro Baricco (1994), Novecento:pianiste, Un monologue, trad. fr., Folio, Paris, 2006. and Brigitte Engerer au piano, 2009. mardi 15 mars 2011
Eternity
Je sais maintenant que ce jour là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurbe et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et ne plus jamais être malheureux." Alessandro Baricco (1994), Novecento:pianiste, Un monologue, trad. fr., Folio, Paris, 2006. and Brigitte Engerer au piano, 2009. samedi 5 mars 2011
Immaginarsi
"Novecento, ci sei mai stato a Parigi, tu ?" - "No" -"E allora." - "Cioè ... si." - "Si cosa ?" - "Parigi !" Potevi pensare che era matto. Ma non era cosi semplice ... Il mondo, magari, non l'aveva visto mai. Ma erano ventisette anni che il mondo passava su quella nave: ed erano ventisette anni che lui, su quella nave lo spiava. E gli rubava l'anima. In questo era un genio, niente da dire. Sapeva ascoltare. E sapeva leggere. Non i libri, quelli son buoni tutti, sapeva leggere la gente. I segni che la gente si porta addosso: posti, rumori, odori, la loro terra, la loro storia ... Tutta scritta, addosso. Lui leggeva, e con cura infinita, catalogava, sistemava, ordinava ..." Alessandro Baricco (1994), Novecento, Un monologo, Ed. Giangiacomo Feltrinelli, Milan. and Paris' Café de Flore.mardi 1 mars 2011
Originally
Peut-être a-t-il cru, au moment où il arrivait, qu'il allait retrouver quelque chose de l'innocence perdue, le souvenir de cette île que les circonstances avaient arrachées à son coeur ? Comment n'y aurait-il pas pensé ? C'était bien la même terre rouge, le même ciel, le même vent constant de la mer, et partout, sur les routes, dans les villages, les mêmes visages, les mêmes rires d'enfants, la même insouciance nonchalente. Une terre originelle, en quelque sorte, où le temps aurait fait marche arrière, aurait détricoté la trame d'erreurs et de trahisons." Jean Marie Gustave Le Clezio (2004 ), L'Africain, Mercure de France. and the house of Ombline Panon Desbassayns in St Gilles les Hauts, La Réunion . lundi 7 février 2011
Cometa fredda
jeudi 16 décembre 2010
Stella
dimanche 14 novembre 2010
Isabel
L'austérité de la souche Giacometti, la rigidité calviniste pèsent sur la volupté charnelle. Rilke écrivait à Emile Verhaeren:"Pourquoi nous as-t-on rendu notre sexe apatride au lieu d'y transférer la fête de nos pouvoirs intimes ?" Comment oublier que Rilke, lui aussi, fit halte en Engadine ? L'instant de grâce dans l'amour, c'est Diego qui l'a, pas Alberto. Jouir lui est difficile, il ne peut pas "finir" et s'en plaint. Les putains le ravissent car elles ne lui en demandent pas tant. Toutes ses figurines sont conçues comme des nus. Ses scultures restent minuscules, à l'exception d'une seule, dans l'atelier de son père, qu'il occupe l'été 1943 à Maloja: Le chariot. La femme, nue, se tiend les bras le long du corps, pieds joints, sur le piedestal massif. "
Claude Delay (2007), Giacometti Alberto et Diego, L'histoire cachée, Fayard, Paris. and Alberto Giacometti, Scultures, Exposition de la Fondation Maeght, Septembre 2010.
dimanche 31 octobre 2010
Tombstone
Dans le tombeau, nous avons ressenti tout de suite une émotion. Ici dans l'étroit périmètre des murs, il y a huit pierres debout sur le sol de terre battue, et la forme de huit corps dessinés par des murets de pierres plates fichées dans le sable, comme des sarcophages ouverts. La tombe de Ma et Aïnine à Tiznit ressemble à cette tombe, mais comme un objet moderne peut ressembler à un objet très ancien ...
mardi 26 octobre 2010
Sandy

vendredi 22 octobre 2010
Another world
Mais la difficulté venait moins de la distance et des risques (nous avions été prévenus que la région, quoique pacifiée, restait dangereuse à cause des mines) que la différence qui séparait Jemia, descendante de la lignée des Aroussiyine, des membres de sa famille restée au désert.
mardi 12 octobre 2010
Hiding room

vendredi 8 octobre 2010
Secret crystallization
lundi 4 octobre 2010
Crystals

jeudi 16 septembre 2010
Exhibition
Ne me faites pas rigoler, Madame, dit le rustaud.samedi 11 septembre 2010
The end of dream
vendredi 16 juillet 2010
White light
Le bleu du ciel donnait le vertige. Les rochers brûlaient d'une flamme blanche. La lumièe était si violente que les larmes coulaient de ses yeux. Elle s'asseyait par terre, la tête appuyée sur ses genoux, le col de son manteau relevé jusqu'aux oreilles. C'était là que Jacques Berger l'avait retrouvée, un matin, et après cela, il l'avait accompagnée chaque jour. Peut-être qu'il avait suivi ses traces, ou bien il l'avait épiée de loin, quand elle courait à travers les rues jusqu'à la montagne. Il l'avait appellée par son nom, en criant fort, et elle s'était cachée derrière un buisson. Ensuite quand il était passé, elle était redescendue, jusqu'à un vieux mur. C'est là qu'il l'avait rattrappée. Ils avaient marché au milieu des pins, il la tenait par la main. Quand il l'avait embrassée, elle s'était laissée faire, tournant la tête de côté pour fuir son regard. Jacques parlait des dangers qui étaient partout à cause de la guerre." Jean Marie Gustave Le Clezio (1992), "Etoile errante", Gallimard, Paris. and Sur le chemin de la Liberté, in Le Mercantour, Alpes maritimes.
mardi 13 juillet 2010
Go away
Elle n'avait plus regardé personne pour ne pas avoir à lire le malheur dans les yeux, pour qu'on ne sache pas qu'elle y pensait elle aussi. Sur la route de pierres qui montait à travers la forêt, les gens avaient pris leurs distances. Les plus jeunes, les hommes, les jeunes garçons, étaient loin devant, on n'entendait même plus leurs voix quand ils s'interpellaient. Derrière eux s'étirait la longue procession. Bien qu'elles ne marchaient pas vite à cause du poids des valises qui leur brûlait les mains, Esther et sa mère dépassaient d'autres femmes, les vieilles qui trébuchaient sur des cailloux, les femmes qui portaient des bébés dans leurs bras, les vieux Juifs vêtus de leurs caftans trop lourds, appuyés sur des cannes .... Au fur et à mesure qu'elles marchaient, les silouhettes de femmes assises au bord du chemin, devenaient de plus en plus rares. Puis il y eut un moment où Esther et sa mère marchaient complétement seules, sans plus rien entendre que le bruit de leurs propres pas et le fracas doux du ruisseau en contrebas." Le soleil était tout près de la ligne des montagnes, derrière elles. Le ciel était devenu pâle, presque gris et devant elles les nuages lourds étaient massés. Comme elle avait cherché cela depuis un bon moment." Jean Marie Gustave Le Clezio (1992), "Etoile errante", Gallimard, Paris. and Caravaggio (1571-1610), "Taking of Christ". samedi 10 juillet 2010
Hugely
dimanche 4 juillet 2010
Wandering star
dimanche 20 juin 2010
Waltz
samedi 19 juin 2010
Poetry
N'est-ce pas une lignée disparue que je regrette en eux avec amour, une lignée sans postérité immédiate dans nos jours traversés par tous les ouragans du destin ? Ces poètes ne convoitaient rien de la vie extérieure, ni l'assentiment des masses, ni les distinctions honorifiques, ni les dignités, ni le profit; ils n'aspiraient à rien d'autre qu'à enchaîner dans un effort silencieux et pourtant passionné, des strophes parfaites dont chaque vers était pénétré de musique, brillant de couleurs, éclatant d'images. Ils formaient une guilde, un ordre presque monastique au milieu de notre époque bruyante, eux qui s'étaient délibérement détournés du quotidien, eux pour qui rien ne comptait dans l'univers que le chant délicat - et qui pourtant survivait au fracas de l'époque - d'une rime qui s'accorde à une autre, en libérant cet innéfable émoi, plus insensible que la chute d'une feuille au vent, mais qui touche de sa vibration les âmes les plus lointaines." Stephan Sweig (1944), "Le monde d'hier, Souvenirs d'un Européen", trad. Serge Niémetz, Ed. Belfond. and Maurice Denis (1870-1943), Printemps.