- Ecoutez ... dit Charles Rosset. - Non, il ne crie plus. Ils écoutent, ce ne sont pas des cris, c'est un chant de femme, ça vient du boulevard. A bien écouter on doit crier aussi mais beaucoup plus loin, bien au-delà du boulevard où devrait se trouver encore le vice consul. A bien écouter tout crie doucement mais loin, de l'autre coté du Gange ... - Ne vous en faites pas, il sera rentré maintenant. - Nous ne nous connaissons pas, dit Michael Richard. D'où vient-il ? Il n'habite pas Calcutta. Il y vient pour la voir, rester auprès d'elle. C'est près d'elle qu'il désire être. Il est un peu moins jeune qu'il n'aurait cru "... Marguerite Duras (1966), "Le vice consul", Ed. L'imaginaire, Gallimard. and Auguste Rodin, La valse.dimanche 22 mai 2011
Le vice consul
- Ecoutez ... dit Charles Rosset. - Non, il ne crie plus. Ils écoutent, ce ne sont pas des cris, c'est un chant de femme, ça vient du boulevard. A bien écouter on doit crier aussi mais beaucoup plus loin, bien au-delà du boulevard où devrait se trouver encore le vice consul. A bien écouter tout crie doucement mais loin, de l'autre coté du Gange ... - Ne vous en faites pas, il sera rentré maintenant. - Nous ne nous connaissons pas, dit Michael Richard. D'où vient-il ? Il n'habite pas Calcutta. Il y vient pour la voir, rester auprès d'elle. C'est près d'elle qu'il désire être. Il est un peu moins jeune qu'il n'aurait cru "... Marguerite Duras (1966), "Le vice consul", Ed. L'imaginaire, Gallimard. and Auguste Rodin, La valse.vendredi 13 mai 2011
Silent remained
Tout est merveilleusement juste dans ce croquis :" leur sublime s'amalgama", " je ne sais s'ils s'entendirent bien clairement dans ce système et cette langue nouvelle ...", la remarque sur le trop de bruit que Jeanne fait ou qu'on fait autour d'elle, le soupçon de désinvolture sinon de mysoginie qui fait écrire à Saint Simon qu'il refuse de "s'arrêter à elle en particulier". Tout est merveilleusement juste, sauf peut-être le "il la vit". Car, à lire leur correspondance, c'est elle qui le vit et l'entraîna, pour s'y amalgamer, dans le sublime "... Julia Kristeva (1983), Un pur silence: la perfection de Madame Guyon in Histoires d'amour, Denoël. and P-M. Masson (1907), François Fenelon et Jeanne Guyon , Hachette ... and Edoli, via del Pellegrino.
jeudi 5 mai 2011
Neither
LAURENCE. - Retiens ta main désespérée ! Es-tu un homme ? ta forme crie que tu en es un ; mais tes larmes sont d'une femme, et ta sauvage action dénonce la furie déraisonnable d'une bête brute. ô femme disgracieuse qu'on croirait un homme, bête monstrueuse qu'on croirait homme et femme, tu m'as étonné !... Par notre saint ordre, je croyais ton caractère mieux trempé. Tu as tué Tybalt et tu veux te tuer ! tu veux tuer la femme qui ne respire que par toi, en assouvissant sur toi-même une haine damnée ! Pourquoi insultes-tu à la vie, au ciel et à la terre ? La vie, le ciel et la terre se sont tous trois réunis pour ton existence ; et tu veux renoncer à tous trois ! Fi ! fi ! tu fais honte à ta beauté, à ton amour à ton esprit. Usurier tu regorges de tous les biens, et tu ne les emploies pas à ce légitime usage qui ferait honneur à ta beauté, à ton amour à ton esprit. Ta noble beauté n'est qu'une image de cire, dépourvue d'énergie vide ; ton amour ce tendre engagement, n'est qu'un misérable parjure, qui tue celle que tu avais fait voeu de chérir ; ton esprit, cet ornement de la beauté et de l'amour, n'en est chez toi que le guide égaré : comme la poudre dans la calebasse d'un soldat maladroit, il prend feu par ta propre ignorance et te mutile au lieu de te défendre. Allons, relève-toi, l'homme ! Elle vit, ta Juliette, cette chère Juliette pour qui tu mourais tout à l'heure : n'es-tu pas heureux ? Tybalt voulait t'égorger, mais tu as tué Tybalt : n'es-tu pas heureux encore ? La loi qui te menaçait de la mort devient ton amie et change la sentence en exil : n'es-tu pas heureux toujours ? Les bénédictions pleuvent sur ta tête, la fortune te courtise sous ses plus beaux atours ; mais toi, maussade comme une fille mal élevée, tu fais la moue au bonheur et à l'amour. Prends garde, prends garde, c'est ainsi qu'on meurt misérable. Allons, rends-toi près de ta bien-aimée, comme il a été convenu : monte dans sa chambre et va la consoler ; mais surtout quitte-la avant la fin de la nuit, car alors tu ne pourrais plus gagner Mantoue ; et c'est là que tu dois vivre jusqu'à ce que nous trouvions le moment favorable pour proclamer ton mariage, réconcilier vos familles, obtenir le pardon du prince et te rappeler ici. Tu reviendras alors plus heureux un million de fois que tu n'auras été désolé au départ... Va en avant, nourrice, recommande-moi à ta maîtresse, et dis-lui de faire coucher son monde de bonne heure ; le chagrin dont tous sont accablés les disposera vite au repos... Roméo te suit." William Shakespeare (1599), Romeo et Juliette , Scène III. and Les amants de Verone.lundi 2 mai 2011
My only love, my only hate
Qu'à travers le sexe c'est la haine qui triomphe : voilà ce qui saute aux yeux et aux oreilles à travers les premières pages du texte ... On est déjà préparé à la réplique de Roméo qui qualifiera l'amour de "folie la plus raisonnable" (I, 1, 184), voire de "brutal, rude, violent ! Il écorche comme l'épine" ( I, IV, 25-26) ... Mais c'est Juliette qui trouve les formules les plus intenses pour indiquer que cet amour est étayé par la haine ... Mais plus profondément, c'est d'une haine à l'origine même de l'élan amoureux qu'il semble s'agir. D'une haine préexistant au voile de l'idéalisation amoureuse. Notons que c'est une femme, Juliette, qui en a l'inconscience la plus immédiate, la lucidité la plus somnanbulique ... C'est Juliette elle-même qui formule franchement : "My only love sprung from my only hate" ( I, V , 136). Julia Kristeva (1983), Histoire d'amour, Denoël. and James Pradier, Satyre et Bacchante, Musée des Beaux Arts , Lille.
jeudi 28 avril 2011
Seventh travel
Malheureusement, seules quelques rares lettres écrites à l'occasion de ce voyage ont été conservées. En revanche nous disposons d'une sorte d'agenda de voyage dans lequel Freud et également Anna, pendant les trois derniers jours ont noté en quelques mots ce qu'ils entreprenaient. Il s'agit donc du seul séjour dont nous connaissions le déroulement précis au jour le jour." Sigmund Freud, Correspondance de voyage, 1895-1923, in "Notre coeur tend vers le sud", trad. Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 2002. and to hotel Eden Rome
dimanche 24 avril 2011
Sorry
vendredi 22 avril 2011
Extremity
Antonio Tabucchi (1992), Sogni di sogni, "Rêve d'Arthur Rimbaud", Gallimard, 2007. and Alberto Giacometti (1901-1966), "Femme" in Exposition de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght -Art Moderne et Contemporain , septembre 2010.
lundi 21 mars 2011
Anniversario
Cet unique mérite reste rattaché à sa vie, à son nom. Car jamais un acte n'est décisif par lui-même; ce qui compte, c'est la connaissance de cet acte, et ses conséquences. Celui qui le raconte et l'explique devient souvent plus important pour la postérité que celui en est l'auteur et dans le jeu imprévisible des forces de l'Histoire, la plus légère impulsion peut produire les plus énormes effets. Celui qui attend de l'Histoire qu'elle soit juste, exige plus qu'elle n'ait d'humeur à donner : il arrive, qu'elle attribue l'exploit et l'immortalité à l'homme simple, moyen, et rejette les meilleurs, les plus vaillants et les plus sages, dans le ténèbres de l'anonymat." Stefan Zweig (1944), Amerigo, in Belfond, 1996. and International Psychanalitic Association ' life. mardi 15 mars 2011
Eternity
Je sais maintenant que ce jour là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurbe et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et ne plus jamais être malheureux." Alessandro Baricco (1994), Novecento:pianiste, Un monologue, trad. fr., Folio, Paris, 2006. and Brigitte Engerer au piano, 2009. samedi 5 mars 2011
Immaginarsi
"Novecento, ci sei mai stato a Parigi, tu ?" - "No" -"E allora." - "Cioè ... si." - "Si cosa ?" - "Parigi !" Potevi pensare che era matto. Ma non era cosi semplice ... Il mondo, magari, non l'aveva visto mai. Ma erano ventisette anni che il mondo passava su quella nave: ed erano ventisette anni che lui, su quella nave lo spiava. E gli rubava l'anima. In questo era un genio, niente da dire. Sapeva ascoltare. E sapeva leggere. Non i libri, quelli son buoni tutti, sapeva leggere la gente. I segni che la gente si porta addosso: posti, rumori, odori, la loro terra, la loro storia ... Tutta scritta, addosso. Lui leggeva, e con cura infinita, catalogava, sistemava, ordinava ..." Alessandro Baricco (1994), Novecento, Un monologo, Ed. Giangiacomo Feltrinelli, Milan. and Paris' Café de Flore.mardi 1 mars 2011
Originally
Peut-être a-t-il cru, au moment où il arrivait, qu'il allait retrouver quelque chose de l'innocence perdue, le souvenir de cette île que les circonstances avaient arrachées à son coeur ? Comment n'y aurait-il pas pensé ? C'était bien la même terre rouge, le même ciel, le même vent constant de la mer, et partout, sur les routes, dans les villages, les mêmes visages, les mêmes rires d'enfants, la même insouciance nonchalente. Une terre originelle, en quelque sorte, où le temps aurait fait marche arrière, aurait détricoté la trame d'erreurs et de trahisons." Jean Marie Gustave Le Clezio (2004 ), L'Africain, Mercure de France. and the house of Ombline Panon Desbassayns in St Gilles les Hauts, La Réunion . lundi 7 février 2011
Cometa fredda
jeudi 16 décembre 2010
Stella
dimanche 14 novembre 2010
Isabel
L'austérité de la souche Giacometti, la rigidité calviniste pèsent sur la volupté charnelle. Rilke écrivait à Emile Verhaeren:"Pourquoi nous as-t-on rendu notre sexe apatride au lieu d'y transférer la fête de nos pouvoirs intimes ?" Comment oublier que Rilke, lui aussi, fit halte en Engadine ? L'instant de grâce dans l'amour, c'est Diego qui l'a, pas Alberto. Jouir lui est difficile, il ne peut pas "finir" et s'en plaint. Les putains le ravissent car elles ne lui en demandent pas tant. Toutes ses figurines sont conçues comme des nus. Ses scultures restent minuscules, à l'exception d'une seule, dans l'atelier de son père, qu'il occupe l'été 1943 à Maloja: Le chariot. La femme, nue, se tiend les bras le long du corps, pieds joints, sur le piedestal massif. "
Claude Delay (2007), Giacometti Alberto et Diego, L'histoire cachée, Fayard, Paris. and Alberto Giacometti, Scultures, Exposition de la Fondation Maeght, Septembre 2010.
dimanche 31 octobre 2010
Tombstone
Dans le tombeau, nous avons ressenti tout de suite une émotion. Ici dans l'étroit périmètre des murs, il y a huit pierres debout sur le sol de terre battue, et la forme de huit corps dessinés par des murets de pierres plates fichées dans le sable, comme des sarcophages ouverts. La tombe de Ma et Aïnine à Tiznit ressemble à cette tombe, mais comme un objet moderne peut ressembler à un objet très ancien ...
mardi 26 octobre 2010
Sandy

vendredi 22 octobre 2010
Another world
Mais la difficulté venait moins de la distance et des risques (nous avions été prévenus que la région, quoique pacifiée, restait dangereuse à cause des mines) que la différence qui séparait Jemia, descendante de la lignée des Aroussiyine, des membres de sa famille restée au désert.
mardi 12 octobre 2010
Hiding room

vendredi 8 octobre 2010
Secret crystallization
lundi 4 octobre 2010
Crystals
