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samedi 18 octobre 2014

Finita o infinita

"Ce sont aussi "les dangers de l'analyse" qui menacent non pas certes le partenaire passif, mais le partenaire actif de la situation analytique; on ne devrait pas se dispenser de l'en avertir. De quelle manière, cela ne fait aucun doute. Chaque analyste devrait périodiquement, à peu près tous les cinq ans, se faire de nouveau l'objet de l'analyse sans avoir à rougir de cette démarche. 
                                
Cela signifierait donc que la propre analyse de tâche finie deviendrait infinie, et que ce n'est pas seulement le cas de l'analyse thérapeutique destinée aux malades. C'est ici le moment de dissiper un malentendu. Je n'ai pas l'intention de prétendre que l'analyse en général est un travail qui n'a pas de conclusion ... On ne se donnera pas comme but de poncer toutes les particularités humaines au profit d'une normalité schématique, ni d'exiger que le sujet "analysé à fond" ne ressente plus aucune passion, ni qu'il ne doive plus développer de conflits internes. L'analyse doit créer pour les fonctions du Moi les conditions psychologiques les plus favorables; c'est avec cela que sa tâche serait accomplie."   Sigmund Freud (1937), "L'analyse finie et l'analyse infinie", trad. 1975, Standard Edition. and Palazzo Farnese, Roma.
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jeudi 16 octobre 2014

Montecitorio

Lundi 2 septembre 1901, à 9h du soir, carte postale adressée à Martha Freud. 
"Arrivé à Rome après 2h, me suis changé à 3h après le bain et suis devenu romain. Il est indubitable que nous resterons. C'est incroyable que nous ne soyons pas venus ici il y a des années. Certes il a fait chaud, mais c'était tout à fait supportable, et peu après, il y a eu un vent frais. 
La journée de voyage a été nuageuse jusqu'à 2h. A l'hôtel Milano (8), nous avons  une belle chambre au troisième étage pour 8 L (4 L par personne), lumière électrique. Je ne crois pas trop au danger de la malaria. Bien des choses, ici, sont d'un agrément incomparable, on ne peut pas parler des merveilles du monde sur une carte postale. Rien trouvé à la poste. Affectueusement". Sigm
(8) L'hôtel se trouvait piazza di Montecitorio à quelques centaines de mètres du Panthéon et de piazza Colonna.  Sigmund Freud, "Notre coeur tend vers le sud", Correspondances de voyage, 1895-1923, Ed. Fayard, 2005. and piazza di Montecitorio e piazza Colonna, Roma 

jeudi 28 avril 2011

Seventh travel

"Vers la fin février, Freud avait découvert les premiers symptômes de sa tumeur dans la cavité buccale. Début avril, il pria son médecin, Felix Deutsch, d'examiner sa bouche. Bien que Deutsch soupçonnât un cancer, il diagnostiqua une "leucoplasie" pour rassurer Freud. Le 28 avril, Freud consulta l'ORL Markus Hajek, beau-frère d'Arthur Schnitzler, ainsi que le dermatologue Maximilien Steiner, qui l'opéra dans sa clinique. C'est dans ce climat tendu que mourut le petit fils de Freud, Heinele, fils de sa fille Sophie, décédée elle-même en 1920. Freud ne se remetrait jamais de cette perte .... Le 1° septembre, Freud se rendit avec Anna à Rome, via Verone. Ils logèrent de nouveau à l'hotel Eden. Pendant ce temps sa femme se trouvait à Merano, dans le Tyrol du Sud. Ce fut son dernier voyage de vacances, le septième séjour à Rome. Peu après son arrivée il écrivit à Lou Andreas -Salomé : " Me voici donc de nouveau à Rome, et je sens que cela va me faire du bien. C'est ici, seulement, que je me rends compte combien ma petite fille est d'exellente compagnie."
Malheureusement, seules quelques rares lettres écrites à l'occasion de ce voyage ont été conservées. En revanche nous disposons d'une sorte d'agenda de voyage dans lequel Freud et également Anna, pendant les trois derniers jours ont noté en quelques mots ce qu'ils entreprenaient. Il s'agit donc du seul séjour dont nous connaissions le déroulement précis au jour le jour." Sigmund Freud, Correspondance de voyage, 1895-1923, in "Notre coeur tend vers le sud", trad. Jean-Claude Capèle, Paris, Fayard, 2002. and to hotel Eden Rome

dimanche 24 avril 2011

Sorry

"Ta carte m'a fait grand plaisir. J'imagine bien que la petite armoire a été pour toi une surprise. C'est le cadeau que je voulais te rapporter. Un petit cadre de miroir doit être arrivé aussi. J'en ai également déjà assez de voyager et pense partir d'ici jeudi soir pour arriver samedi matin, cela ne dépend plus que de quelques petits achats pour lesquels je suis encore en pourparlers. Pense à ma joie en rencontrant aujourd'hui au Vatican, après une ausi longue solitude, le visage connu d'un être cher; mais la reconnaissance a été unilatérale, car il s'agissait de Gradiva accrochée tout en haut d'un mur. Le temps devient toujours plus magnifique. La ville toujours plus splendide. J'ai donné hier mon linge à laver. Je recommencerai à travailler le lundi 25. Tendresses. Ton Sigmund." Carte-lettre à Martha Freud (Rome 24.09.07), trad. Anne Berman et Jean-Pierre Grossein, publiée in Freud (1960a), pp 286-287, Gallimard. and Chiesa di Santa Maria del Trastevere.

mardi 21 juillet 2009

Outdoor

Cher Monsieur,
Après avoir enfin trouvé ici un peu de repos, je me souviens que je vous dois tous mes remerciements pour le beau livre° que j'y ai trouvé et que j'ai encore lu dans la bousculade des deux premières semaines, et lu avec un plaisir immense, car sinon je n'éprouverais pas le besoin de vous écrire à ce propos. La perfection de l'intuition associée à la maitrise de l'expression laissent le sentiment d'une rare satisfaction. Ce qui m'a surtout intéressé, ce sont les procédés d'accumulation et d'intensification grâce auxquels votre phrase s'approche toujours plus près et comme à tâtons de l'être le plus intime de ce que vous décrivez. C'est comme l'accumulation des symboles dans le rêve, qui laissent transparaître de plus en plus nettement ce qui est voilé.
S'il m'était permis de mesurer votre présentation à l'aune la plus sévère, je dirais que vous êtes venu entièrment à bout de Balzac et de Dickens. Mais ceci n'est pas trop difficile, ce sont des types simples, carrés. En revanche, avec ce Russe embrouillé, cela ne pouvait pas se passer de façon aussi satisfaisante. Là on sent des manques, ainsi que des enigmes qui n'ont pas été résolues. Permettez moi de vous soumetre quelques matériaux à ce propos, tout comme ils se présentent à mon point de vue d'amateur. La psychopathologie, dans laquelle Dostoïevski reste immergé, peut aussi avoir ici un temps d'avance." S. Freud à S. Zweig, Correspondance, 19. 10. 1920, Vienne. and Balzac, at the Musee Rodin Paris France
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° Drei Meister (Trois Maîtres), Balzac-Dickens-Dostoïevski, parait à Leipzig en 1920. L'exemplaire de la bibliothèque privée de Freud à Londres porte la dédicace : "A Monsieur le Professeur Sigmund Freud, au Grand Guide dans l'inconscient, avec l'admiration toujours renouvelée, Stefan Zweig, Salzbourg 1920."